Date de mise à jour : 11 décembre 2025
Date de publication : 18 Octobre 2024
Volet de recherche : Théologie
Contenu : Les récits du Livre
DOI : 10.5281/zenodo.13951056
URL : https://doi.org/10.5281/zenodo.13951055
LE PATRIARCHE DES NATIONS
L’une des plus grandes figures du Livre qui surplombe la généalogie des nations est sans nul doute le Patriarche Abraham. Fondateur du monothéisme des trois grandes religions du Livre (judaïsme, christianisme et islam), il est décrit dans les premiers chapitres de la Genèse comme natif d’Ur-Casdim [1]. La ville biblique d’Ur-Casdim (Ur de Chaldée) évoque l’une des plus anciennes villes sumériennes du IIIᵉ millénaire avant J.-C. en Mésopotamie antique, du nom d’Ur. Les chaldéens sont un peuple sédentaire de Babylonie dont l’existence est attestée dans des textes cunéiformes, notamment les récits contant les exploits du roi Assyrien Assurnasipal II. Cette information permet de situer la période à laquelle s’étant le récit biblique d’Abraham, aux alentours du IIᵉ millénaire avant J.-C. L’araméen est la langue sémitique primaire du patriarche Abraham et la souche linguistique fondatrice des langues arabes et hébraïques. Son neveu Bétuel et son fils Laban frère de Rébecca épouse d’Isaac, fils d’Abraham, sont désignés Araméen dans la Genèse [2]. L'Araméen devient langue dominante, lingua franca des peuples sémites du Moyen-Orient dès l'Antiquité. On retrouve également une présence de l’araméen dans quelques passages des Textes originels de l’Ancien Testament [3]. Les versets coraniques attestent l’origine linguistique du patriarche au verset 78 de la sourate Le Pèlerinage [4]. Dans ce verset, Abraham nomme les élus de Dieu [muslimin - المسلمي] qui est un dérivé du mot sémitique [mslm - مسلم - ܡܫܠܡ] lui-même tiré de la racine araméenne [slm - ܫܠܡ]. On la retrouve également en arabe [سلم] et en hébreu [שלם], premier et dernier radical [5]. Les textes assyriens et babyloniens décrivent effectivement les chaldéens et les araméens comme deux peuples contemporains, mais distincts l’un de l’autre. Le nom araméen vient de la racine [‘arm], que l’on observe dans les écritures hébraïques [ארם] pour décrire à la fois, Aram, le fils de Sem descendant des sémitiques, et la région contemporaine à Abraham nommée Aram qui est au nord de l’actuelle Syrie. Sem, aux côtés de son frère Cham ont donné la famille des langues chamito-sémitiques dont l'araméen est un dérivé. Le livre de la Génèse est celui qui raconte le récit d’Abraham. Aucun auteur n’y est mentionné. Le travail de datation paléographique effectuée par Frank Moore Cross, sur les manuscrits de la Mer Morte retrouvés à Qumran, fait remonter leur rédation au plus loin au IIIe siècle avant J.-C. Les critiques estiment que celle-ci remonterait au Ve au IVe siècles avant J.-C.
La Ummah, grande nation d’Abram
Abram est le premier nom d’Abraham, avant sa modification par Dieu. Il est étymologiquement composé de deux racines sémitiques : la racine ab qui veut dire père et ram possiblement issue de la racine rwm qui signifie être élevé ou bien dérivée de l’akkadien raamu pour aimer. Abram se traduit par « Père exalté ». Sa généalogie est établie dans les Écritures via son père Terah, descendant de Sem fils de Noé [6]. Il a deux frères, Nahor et Haran qui décède en laissant un fils, Lot. Lorsque Terah rend l’âme à l’âge de 205 ans, le Seigneur béni Abram et déclare faire de lui une grande Nation [7]. Pour caractériser la Nation Abrahamique, les Écritures emploient le terme hébreu [Goïm - לגוים] qui a pour définition "nation" ou "peuple", voir "communauté". Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Goy ou Goïm ne représentent pas seulement les Gentils. C’est un terme qui s'emploie dès la Genèse dans près de 509 versets de l’Ancien Testament. Il désigne un ensemble de populations, un peuple, tribu, clan ou peuplade de genre humain, non limité par la langue ou le territoire et issu d’une même maison paternelle [8]. Le Coran désigne la nation Abrahamique qui est l’origine de tous les gens [9] par le mot [Ummah - أمة] [10]. Ummah est également utilisé dans les écritures hébraïques [אמה], notamment dans le livre de Daniel. Le terme est construit de la racine sémitique [Um - أم - אם] qui représente le point de départ dans la matrice. Dans le contexte du Livre, la Ummah désigne la maison d’Abraham, c'est-à-dire sa descendance, car il est lui-même descendant de la mère de tous les vivants, Eve [11].
LES PÉRÉGRINATIONS D’ABRAM
Lorsqu’Abram atteint l’âge de 75 ans, ses pérégrinations débutent alors qu’il est accompagné de sa demi-sœur paternelle et épouse Saraï, son neveu Lot ainsi que leurs bergers et troupeaux. La caravane d’Abram traverse les contrées en direction du pays de Canaan. Devenu nomade, Abram construit plusieurs autels en Canaan dont un au pied du Chêne de Moré où le Seigneur lui apparait et promet de donner le pays à sa postérité. Puis, de campement en campement, Abram se dirige au Négeb où la famine pousse la caravane à fuir en Égypte. Pharaon, subjugué par la beauté de Saraï, la prend pour femme, ignorant son lien conjugal avec Abram qui, par crainte, met plutôt en avant leur filiation de demi-fratrie. Lorsque Pharaon réalise le sacrilège, il fait aussitôt reconduire Abram, Saraï et tout ce qu’ils possèdent à la frontière d’Égypte. La tribu se divise en deux groupes : celui d’Abram qui s’installe au pays de Canaan et celui de Lot qui s’installe dans la Plaine du Jourdain jusqu’à ce que soit construite la ville de Sodome. Abram s’établit au Chêne de Mambré, près d’Hébron. C’est là que l’Éternel réitère la promesse de lui donner le pays ainsi qu’à sa postérité. Soudain, un rescapé du premier conflit entre rois, vient lui annoncer la captivité de son neveu Lot, détenu à Damas. Abram part à son secours et le ramène ainsi que ses biens. Les Écritures le nomment, pour la première fois, Abram l’hébreu [12]. La tribu est décrite semi-nomade en raison des pérégrinations et des campements ; de mœurs étranges, notamment à cause de l’incident avec Pharaon ; en somme ne faisant pas partie des sociétés culturelles et cultuelles qu’ils croisent.
Abram l’hébreu
À partir du chapitre 14 de la Genèse, Abram est surnommé : l’hébreu [12]. Le terme biblique [Ivri - עברי] traduit par hébreu, signifie qui provient de l'autre côté, qui traverse, et prend la forme plurielle Ivrim ou Ibrim. De nombreuses théories ont mis en avant le lien linguistique entre les hébreux et les habiru (ou hapiru) qui sont des personnages antiques dont l’existence est largement attestée dans des textes archéologiques. Seraient-ils dès lors équivalant et analogues ? Parmi les textes attestant de l’existence des habiru, on compte : de nombreux documents sumériens et akkadiens du IIᵉ millénaire avant J.-C. ; les Stèles de Beisan qui relatent la domination égyptienne sur Canaan datant de -1300 avant J.-C. et découvertes sur le site de Beit She'an ; ainsi que les Lettres d’Amarna et le conte égyptien de la Conquête de Joppé datant tous deux du XIVᵉ siècle avant J.-C. Le terme habiru est découvert dans des textes en plusieurs versions linguistiques du IIᵉ millénaire avant J.-C. :
• En akkadien : 𒄩𒁉𒊒
• En ougaritique : 𐎓𐎔𐎗𐎎
• En ancien égyptien : 𓂝𓊪𓂋𓅱𓀀𓏥
Les peuples émergeant dans la région du croissant fertile ne semblent pas considérer les habiru comme un peuple ethnique distinct, mais bien comme une population de classe socio-économique défavorisée, errante et composite. Tantôt hors la loi, rebelles ou mercenaires — tantôt ouvriers, serviteurs ou esclaves [13]... leur statut social subalterne, hétéroclite et sans attache [14], renforce la thèse fondée sur l’analogie. Le terme hébreu apparait dans trente-deux versets de l’Ancien Testament. Il paraît désigner les "migrants" ou les petites gens issus de l’immigration. Leur existence s’étend sur une longue période de plusieurs générations. La migration de la caravane d’Abram, depuis la ville de Haran à Aram (région de Syrie actuelle), fait probablement de lui le premier des hébreux. Il est par ailleurs écrit que parmi la descendance de son fils Isaac, il y a des bienfaisants, mais également des injustes, ce qui vient renforcer la similarité avec les populations hétéroclites des habiru [15]. Dans les récits bibliques d’Égypte, Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, est également qualifié de servant hébreu par la femme de son maître lorsqu’il refuse ses avances adultères [16]. En revanche, une fois que Pharaon l’établit maître de son palais [17], il change de classe sociale et n’est plus affilié aux hébreux [18]. Si tout laisse à penser qu’ils ne forment, au premier abord, pas un peuple ethnique à part entière, les hébreux semblent néanmoins se forger une même culture avec le temps. Ils ont leur propre divinité en dehors des dieux mythologiques, nommé le Dieu des Hébreux [19]. La langue hébraïque émerge alors qu’ils paraissent être originaires d’un même pays en Canaan [20]. Les données archéologiques sur les premiers écrits en hébreu ancien situent les alphabets paléohébraïque et araméen aux alentours de -1000 avant J.-C.
Au temps de Saül, les hébreux qui sont des individus épars, semblent circuler parmi les Philistins mais également parmi Israël [21]. Le terme n’est, par conséquent, pas synonyme des enfants d’Israël, pas plus qu’il ne l’est des Judéens, du temps des deux maisons (Israël et Juda) et de la domination Babylonienne sur Jérusalem. Pour renforcer un peu plus la thèse d’une classe socio-économique défavorisée, Dieu conclu une alliance proclamant la loi de l’affranchissement des esclaves hébreux en Judée. Les esclaves hébreux sont décrits comme frères Judéens asservis à leurs maîtres Judéens libres [22]. Les hébreux de la bible hébraïque et les habiru des textes archéologiques sont de toute apparence, ejusdem generis.

Fig.1 : Arbre des alphabets sémitiques.
L’ALLIANCE DES DEUX NATIONS
De nombreux personnages bibliques connaissent une substitution de patronyme. Lorsque cela se produit directement par Dieu, c’est généralement pour marquer un changement significatif de l’identité du personnage. Le premier à changer de nom est Abram, qui de père exalté devient père d’une multitude, Abraham. C’est ainsi que l’alliance est d’abord conclue avec Abram, à la postérité de qui, l’Eternel promet de donner le pays du Fleuve d'Egypte jusqu'au Grand Fleuve, le fleuve d'Euphrate. C’est bien par Abram qu’est conçu Ismaël, fils d’Agar l’Egyptienne, à qui le Seigneur annonce la multiplication de la descendance. La promesse du grand pays est donc adressée à Ismaël issu de la postérité d’Abram [23].
Le changement de patronyme
Lorsqu’Ismaël a 13 ans, le nom d’Abram est alors changé pour Abraham. D’une seule grande nation Dieu fait du patriarche une multitude de nations [24]. La circoncision est instaurée à toute la progéniture d’Abraham, c’est-à-dire toute sa descendance parmi ses fils. C’est également à toute sa progéniture que le pays de Canaan est promis [25]. Un an après l’alliance d’Abraham, l’Eternel modifie le nom de sa femme Saraï, qui veux dire ma princesse, par Sara qui signifie mère des nations. Etant stérile et en âge avancé elle n’espère plus enfanter mais le Seigneur lui fait don d’un fils, Isaac. Sara devient des nations et Ismaël une grande nation [26]. Abraham a été choisi pour devenir le Patriarche des nations de l’Alliance à travers ses fils et sa maison afin que la promesse divine se réalise [27].
Les deux Nations d’EL
Il n’existe que deux nations Bibliques qui possèdent le mot EL dans leur nom. EL est un terme sémitique construit de la racine ‘L, qui suppose une ou la divinité. Le Dieu El détient une position dominante de "père des dieux". Vénéré en Mésopotamie à travers les langues sémitiques les plus anciennes, le Dieu Ilu apparait sur des tablettes cunéiformes en akkadien parlé du IIIe au Ier millénaire avant J.-C. Le terme s’étend dans tous le Levant. L'ougaritique est une autre langue éteinte de type cananéenne de la région de Canaan, appartenant au groupe nord-ouest des langues sémitiques. Elle est parlée entre le XIVe et le XIIIe siècles avant J.-C. dans l’ancienne ville d'Ougarit située en Syrie actuelle.
Construction étymologique
Les recherches archéologiques effectuées dans les ruines du site de Ras Shamra à Ougarit, montrent une diversité cultuelle parmi les mythologies antiques mésopotamiennes tels que le dieu Ba’al dont le nom apparait encore en Arabie à l’époque Qorayshite. Cependant, El est la divinité qui revient de façon récurrente dans les textes religieux découverts sur le site d’Ougarit. Aujourd’hui, le terme hébreu [el - אל] et arabe [ilah – اله] [28] sont employés comme nom commun pour dénoter la puissance et par extension le Dieu du monothéisme ou la divinité. Lorsqu’El est employé seul en hébreu, il agit le plus souvent comme un générique pour mettre par exemple le divin et l’humain en contraste [29]. Il est parfois préféré à Elohim lorsqu’il est construit c’est-à-dire modifié par une épithète ou combiné à un autre titre (El-Roï, El-Shaddaï .. ). De même lorsqu’il apparaît comme élément de nom théophore (Elihou, Eliyahou, Ismaël, Israël, Samuel, Rêuel, Rachel).
L’alliance par Ismaël
L’Eternel conclut une alliance avec Abram pour sa descendance par Ismaël dont le nom signifie L’Eternel l’a entendu. Lorsqu’Ismaël atteint l’âge de 16 ans, Abraham le renvoi ainsi que sa mère Agar l’égyptienne, à la demande de Sara. Alors qu’ils errent tous deux dans le désert, L’Eternel entend leur détresse. Il apparait à Agar et lui rappelle qu’Il fera d’Ismaël une grande nation qui s'établira à la face de tous ses frères. Agar et Ismaël demeurent dans le désert de Paran (actuelle péninsule du Sinaï). Il devient archer. Grandissant, Agar lui choisit une femme du pays d’Egypte [30]. Abraham garde visiblement un lien avec Ismaël malgré la distance car lorsqu’il décède à 175 ans, ses deux fils Isaac et Ismaël son présent pour l’enterrer. Ismaël engendre douze fils qui deviennent de grands chefs de communautés établies depuis Havila jusqu’à Schur (du versant Est du delta égyptien, passant par le nord de la péninsule du Sinaï en direction de l’Assyrie) [31]. Sa double culture, à la fois araméen par son père et égyptien par sa mère, est un atout qui lui permet de s’établir en indigène notamment dans le Sinaï. Ismaël garde sacrés les liens familiaux avec son frère Isaac et ses neveux même si leur rencontre sont limités. Lorsqu’Esaü frère jumeau de Jacob, comprend l’importance du lien de parenté, il va d’ailleurs aussitôt chez son oncle Ismaël pour prendre femmes. La première se nomme Mahalat mais son nom disparait rapidement car elle n’enfante pas. Puis, parmi les nombreuses femmes d’Esaü, on retrouve une autre fille d’Ismaël nommée Bashmat qui enfante un fils, Rêuel [32]. Elles sont toutes deux décrites comme sœur de Nebayot, fils ainé d’Ismaël. Certains historiens font le rapprochement avec les Nabatéens établies plus tardivement de l’Euphrate à la mer rouge. Ils seraient issus de la tribu de Nebayot, qui est lui- même décrit aux côtés de son frère Kadar comme berger de troupeaux [33]. Parallèlement, un peu plus loin dans le récit de Joseph, apparait une caravane de marchants Ismaélites venant de Galaab (région du versant oriental du Jourdain entre le Lac Tibériade et la Mer Morte) et transportant des aromates, du baume et de la myrrhe en direction de l’Egypte [34]. Malgré la rivalité entre leurs mères, Agar et Sara, Ismaël et Isaac semblent garder un lien fraternel de bonne entente. Leurs noms se transmettent sans mépris parmi les générations suivantes.
L’alliance par Isaac
L’alliance est conclue avec Abraham à travers ses fils mais c’est par la descendance d’Isaac que son nom se perpétue, même si Ismaël est également de sa progéniture [35]. Les bénédictions divines se poursuivent à travers Rébecca fille de Bétuel fils de Nahor frère d’Abraham, qui devient la femme d’Isaac. On remarque que les liens conjugaux ne sont officialisés dans les écritures qu’à travers le premier acte conjugal. A cette époque, il ne semble visiblement pas y avoir de contrat pour conclure le mariage si ce n’est la promesse ou la première nuit de noce [36]. Les Ecritures différencient la femme de l’alliance grâce à son lien de parenté remontant à Terah père d’Abraham. Elle est d’abord conclue avec Abraham et Sara également demi-frère et sœur de leur père. Puis, celle-ci passe par Isaac et Rébecca qui sont également parents. Puis, leur fils Jacob épouse ses deux cousines, Léa et Rachel, filles de Laban l’araméen d’Haran, frère de Rébecca sa mère. L’alliance arrivée sur Jacob, le Seigneur change son nom qui signifie trompeur, car il trompe son père Isaac pour recevoir les bénédictions qu’il destinait à son frère Esaü. Il est désormais nommé Israël qui signifie qui lutte avec Dieu. Lors de ce changement de patronyme l’Eternel réitère de nouveau la promesse du pays qu’il donne à la postérité d’Israël [37]. A sa mort, il laisse partir en Egypte, soixante et onze de ses descendants issus des familles de ses fils. Ce sont les enfants d’Israël [38]. Après cela, comme Dieu l’avait annoncé, 400 ans s’écoulent durant lesquels les descendants d’Abram sont asservies et opprimés en Egypte jusqu’à la quatrième génération [39].
LA DERNIERE NATION
Même si la Ummah (Nation) Abrahamique a la particularité de ne pas être limitée par la langue, elle reste cependant issue de la racine araméenne d’Abraham. Par conséquent les deux nations qu’elle produit via Ismaël & Israël, gardent une origine sémitique à travers les idiomes arabe et hébraïque du Livre. Même si de chacun d’eux proviennent de grands peuples, les Ecritures nous enseignent cependant qu’une seule nation de justice guidera les autres par la vérité [40]. Pour être plus précis, le Coran indique clairement que cette nation est parmi le peuple de Moïse, c’est-à-dire l’une des douze tribus des enfants d’Israël [41]. Il y a dans l’évolution chronologique des nations issues des douze fils de Jacob, une tribu que l’Eternel choisi pour réaliser sa promesse. Lorsqu’Il procède au changement de patronyme de Jacob à Israël, Il lui rappelle les termes de l’alliance, une nation, une assemblée de nations naîtra de lui et des rois en sortiront [37]. Ce qu’Il entend par "une nation" concerne la promesse de « la grande nation d’Ismaël ». Quant au fait que celle-ci soit une "assemblée de nations" entre plus particulièrement dans la promesse faite à Sara qui deviendra «des nations, et de qui des rois de peuples viendront» [26]. Cette grande nation, assemblée de nations est issue d’Ephraïm qui prend le droit d’aînesse de la main de Jacob [42]. Plus qu’une tribu parmi les douze, son nom devient la maison d’Israël. Le schisme des deux royaumes au nord et au sud, instaure le concept de deux maisons : la maison d’Israël (ou Ephraïm) composée de dix des douze tribus ; et la maison de Juda composée de deux des douze tribus, (Juda et Benjamin auxquelles Siméon est intégré depuis longtemps) [43]. Ephraïm est le fils cadet d’Asnat et de Joseph [44], fils de Rachel et Jacob, fils de Rébecca et Isaac, fils de Sara et Abraham.
Tradition de la parenté
La tradition de l’alliance veut que celle-ci se perpétue nom seulement par le nom (qui passe par Isaac) mais également par la parenté de la mère. Sara est la demi-sœur d’Abraham ; Rébecca est la fille du cousin paternel d’Isaac ; Léa et Rachel sont les cousines maternelles de Jacob. Mais puisque l’alliance se transmet à Ephraïm fils de Joseph, c’est que sa mère Asnat doit traditionnellement être parente de Joseph. Or, les origines d’Asnat, mère d’Ephraïm et de Manassé, semblent mystérieuses. Tout ce que l’on connait d’elle réside dans le patronyme de son père Potiphera qui signifie celui que Râ a donné. Une hypothèse tend à penser que Pharaon a probablement choisi ce patronyme selon la coutume égyptienne, tout comme il l’a fait pour Joseph [44]. Potiphera tient la fonction de prêtre de On (ou Onou), une ville antique située dans le delta du Nil, émergeant au XXVIIe siècle avant J.-C. Elle est aussi connue sous le nom grecque de Héliopolis, qui veut dire ville du Soleil car les habitants y vénéraient une triade de divinités représentant chacune les trois états principaux du Soleil : le dieu Khépri représente l’aube ; Râ ou Rê représente le Soleil au zénith ; et Atoum le couchant. Les premières populations antiques anciennes qui bordent le croissant fertile, vouent un même comportement culturel, tentant de préserver les valeurs de justice et d’harmonie que les dieux mythologiques avaient bâti en vainquant le chao. Les anciens égyptiens observent la loi de Mâat [45], déesse de l’harmonie, de la justice, de la vérité et de la paix comme une valeur culturelle de maintien de l’ordre établi des dieux. En Egypte antique, les grands prêtres sont choisis par le Pharaon et deviennent médiateurs entre le peuple et les dieux. Etabli dès le IIIe millénaire avant J.-C., le clergé égyptien structuré en hiérarchie, se développe durant l’Ancien Empire, soit entre -2600 et -2100 avant J.-C., parallèlement aux grandes constructions de pyramides tels que Gizeh. L’Egypte est le pays dans lequel les descendants d’Abraham vont être oppressés durant 400 ans [39]. Comment L’Eternel aurait-Il pu entendre le gémissement des enfants d’Israël asservis par les Egyptiens [46] si ce n’est parce qu’Il s’est souvenu de l’alliance qu’Il a établi à la fois avec Ismaël et avec Isaac. Tout est dans la signification du nom d’Ephraïm : Dieu m'a rendu fécond au pays de mon malheur.
Asnat l’Ismaélite
Pour qu’Ephraïm soit le chaînon qui regroupe les deux promesses de l’alliance en une grande nation, assemblée de nations, sa mère Asnat doit être de la progéniture d’Ismaël et Joseph de la descendance qui perpétue le nom d’Abraham par Isaac. Afin d’étayer la thèse qui fait d’Asnat une Ismaélite, les Ecritures sèment de nombreux indices à peine perceptibles. Agar qui a choisi pour Ismaël une femme du pays d’Egypte [30] a probablement pris celle-ci parmi les femmes de sa parenté comme il fût de coutume pour les gens de la maison d’Abraham. Les origines mi égyptiennes mi araméennes ont grandement avantagé l’intégration des Ismaélites qui s’établirent dans toute la région. Alors qu’aucune fille n’est recensée hormis les fils d’Ismaël, deux de ses filles apparaissent cependant parmi les femmes d’Esaü, Mahalat et Basmat. Lier Asnat mère d’Ephraïm aux Ismaélites semble une opération acrobatique. Tentons néanmoins la démarche.
Le rêve de Joseph
Le chapitre 37 de la Genèse relate la façon dont Joseph fils de Jacob et Rachel, reçoit les bénédictions précédemment adressées par l’Eternel à Jacob en signe de l’alliance. Ce transfert d’alliance de Jacob à Joseph est également narré dans la douzième sourate coranique qui porte le nom de Yusuf (Joseph). Il a 17 ans lorsqu’il fait le rêve prémonitoire qu’onze étoiles, le Soleil et la Lune se prosternent devant lui [47]. Son père Israël qui l’aime plus que tous ses autres enfants, le reprend, tout en lui confiant avoir été choisi par l’Eternel comme le furent Abraham et Isaac auparavant pour parfaire son bienfait sur lui et sur la famille de Jacob [48]. Mais ses frères qui le jalousent, le jette dans un puit duquel il est récupéré par des marchands Madianites (issus des fils de Kétua, troisième femme d’Abraham). Ceux-ci le vendent à une caravane d’Ismaélites qui le conduisent en Egypte. Or, Joseph a 17 ans à cet instant et est tout à fait capable de se présenter aux Ismaélites, fussent-ils de la 3ème génération, qui auraient reconnu leur lien sacré de parenté. Une fois en Egypte il est acheté par un eunuque Egyptien de Pharaon qui le traite visiblement comme on traite "un fils" [34]. Le fait que ce soit Potiphar l’eunuque qui achète Joseph et non les Ismaélites qui le vendent au plus offrant, peu indiquer que ceux-ci le connaissaient, laissant leur cousin éloigné entre de bonnes mains. Potiphar est vraisemblablement un patronyme choisi par Pharaon. Il est par ailleurs nommé Al-Aziz dans la version coranique [49]. Etant de l’entourage proche de Pharaon, il ne serait pas étonnant que Potiphar connaisse le prêtre d’On Potiphera, père d’Asnat, voire qu’ils aient même influencé Pharaon pour arranger l’union de Joseph et Asnat [44].
Le discernement
Les datations chronologiques sont omniprésentes à mesure que les récits se déroulent. On peut ainsi se repérer aisément à l’aide de petits repères numérologiques. Cependant pour Ismaël, il n’apparait plus de datations à partir de la génération de ses fils, ce qui rend les repères d’équivalence chronologiques avec les récits de l’alliance assez difficiles. Néanmoins, on note que Basmat fille d’Ismaël enfante Rêuel [50] qui signifie l’ami de Dieu. Parmi les enfants de Rêuel se trouve Zerah originaire de Bosra, une ville située dans la région de Galaab. Le recensement de la descendance s’arrête à son fils Yobab qui devient l’un des rois régnant au pays d'Edom [51]. En regardant de plus près à travers un autre récit, la signification du prénom de Zerah est le premier sorti, ce qui signifie qu’il est le premier à sortir en s’ouvrant une brèche [52]. Sa période d’accession aux hautes fonction de prêtre d’On est même déterminée par Rachel lorsqu’elle nomme Ben-Oni son dernier né, renommé par Jacob, Benjamin, frère cadet de Joseph [53]. Rien n’est explicite, mais le chainon manquant pour que l’alliance se réalise à travers Ephraïm a été volontairement dissimulé, par l’auteur(s) du livre de la Genèse, derrière le patronyme de Potiphera prêtre d’On et père d’Asnat. Tout laisse à penser qu’il s’agisse de Zelah, fils de Rêuel fils d’Esaü et de Basmat fille d’Ismaël [54]. C’est ainsi que la promesse est tenue.

Fig.2 : Réalisation de la promesse de l’alliance.
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1 [Genèse 11;31] : « Terah prit son fils Abram, son petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme d'Abram. Il les fit sortir d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan, mais arrivés à Harân, ils s'y établirent. »
2 [Genèse 25;20] : « Isaac avait 40 ans lorsqu'il épousa Rébecca, fille de Bétuel, l'Araméen d’Aram, et sœur de Laban l'Araméen. »
3 La présence de l’araméen dans l’ancien Testament : deux mots dans [Genèse 31;47] ; un verset à [Jérémie 10;11] ; deux longs passages dans [Esdras 4;8 à 6;18 et 7;12-26] ; un long passage dans le livre de [Daniel 2;4 à 7;28] ainsi que la vision annonçant l’avènement du Messi est également décrite en araméen - [Daniel 7;13] : « Je contemplais, dans les visions de la nuit : Voici, venant sur les nuées du ciel, comme un Fils d'homme. Il s'avança jusqu'à l'Ancien et fut conduit en sa présence ».
4 [Le Pèlerinage 22;78] : « Et luttez pour Allah avec tout l'effort qu'Il mérite. C'est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés : ‘’Muslimin’’ avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens. (...) »
5 La racine slm est décrite comme la seule parole qui sera prononcée par les habitants du Paradis, une paisible salutation : [Marie 19;62] : « On n'y entend nulle parole insignifiante, seulement : "Salam". Ils auront là leur nourriture, matin et soir. » – [Abraham 14;23] : « Et on fera entrer ceux qui croient et font de bonnes œuvres, dans les jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, par permission de leur Seigneur. Et là, leur salutation sera : "Salam". » – [Hud 11;69] : « Et Nos émissaires sont venus à Abraham avec la bonne nouvelle, en disant "Salam". Il dit :"salam", et ne tarda pas à porter un veau rôti. »
6 Généalogie d’Abraham selon le récit de [Genèse 11;10-26] (De la naissance de Sem à la naissance d’Abram il s’écoule 390ans) : Noé => Sem => Arpakshad => Shélah => Eber => Péleg => Réou => Seroug => Nahor => Terah => Abram.
7 [Genèse 12;2] : « Je ferai de toi une grande Nation [gow], Je te bénirai, Je magnifierai ton nom; sois une bénédiction ! » – [Genèse 18;18] : « Alors qu'Abraham deviendra une nation [gow] grande et puissante et que par lui se béniront toutes les nations [goye] de la terre [harez] ? »
8 [Nombre 25;15] : « La femme qui fut tuée, la Madianite, s'appelait Cozbi, fille de Tsur, chef des peuplades [Ummah] issues d'une maison paternelle en Madian. »
9 [La Génisse 2 ;213] : « Les gens formaient une seule nation [Ummah] puis Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs (...) »
10 [Les Abeilles 16;120] : « Certes Abraham [Ibrahim] est une Nation [Ummah] dévouée au monothéisme de Dieu, Et il n’est pas dunombre des associateurs. »
11 [Genèse 3;20] : « L’homme appela sa femme "Eve", parce qu’elle fut la mère [Um] de tous les vivants. »
12 [Genèse 14;13] : « Un fuyard vint l'annoncer à Abram l'hébreu [haibri] (...) »
13 [Jérémie 34;9] : « afin que chacun renvoyât libres son esclave et sa servante, l'hébreu [haibri] et la femme de l'hébreu, et que personne ne tînt plus dans la servitude le Juif, son frère. »
14 [1Samuel 29;3] : « Les princes des Philistins dirent : Que font ici ces hébreux ? Et Akisch répondit aux princes des Philistins : N'est-ce pas David, serviteur de Saül, roi d'Israël ? il y a longtemps qu'il est avec moi, et je n'ai pas trouvé la moindre chose à lui reprocher depuis son arrivée jusqu'à ce jour. »
15 [Les Femmes 4;54-55] : « Ou est-ce qu’ils envient les gens pour ce que Dieu a donné de Sa faveur ? Nous avons donné à la famille d’Abraham le Livre, la sagesse et Nous leur avons donné un immense royaume. (55) Parmi eux, certains y ont cru, et d’autres s’en sont détournés. Que leur suffise l’Enfer comme fournaise ! » – [Les Rangés 37;113] : « Nous le bénîmes, ainsi qu’Isaac. Parmi leurs descendances, il y a le bienfaisant et l’injuste envers lui-même. » – [Exode 1;7-8] : « Les enfants d’Israël furent féconds et multiplièrent, ils s’accrurent et devinrent de plus en plus puissants. Et le pays en fut rempli. (8) Il s’éleva sur l’Egypte un nouveau roi, qui n’avait point connu Joseph. »
16 [Genèse 39;17] : « Alors, elle lui dit les mêmes paroles : "Le servant hébreu [haibri] que tu nous as amené m'a approchée pour badiner avec moi »
17 [Genèse 41;40] : « C'est toi qui seras mon maître du palais et tout mon peuple se conformera à tes ordres, je ne te dépasserai que par le trône. »
18 [Genèse 43;32] : « On le (Joseph) servit à part, eux (ses frères) à part et à part aussi les Egyptiens qui mangeaient chez lui, car les Egyptiens ne peuvent pas prendre leurs repas avec les hébreux car ils ont cela en horreur. »
19 [Exode 9;1] : « L'Eternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu des hébreux : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve. »
20 [Genèse 40;15] : « En effet, j'ai (Joseph) été enlevé du pays des hébreux et ici même je n'ai rien fait pour qu'on me mette en prison." »
21 [1Samuel 14;21] : « Des hébreux [haibri] étaient, comme auparavant, parmi les Philistins, et étaient montés avec eux dans le camp, où ils se trouvaient disséminés, et ils se joignirent à ceux d'Israël qui étaient avec Saül et Jonathan. »
22 [Deutéronome 15;12] : « Si l'un de tes frères hébreux, homme ou femme, se vend à toi, il te servira six années; mais la septième année, tu le renverras libre de chez toi. » – [Jérémie 34;9] : « chacun devait renvoyer libres ses esclaves hébreux, hommes et femmes, personne ne devait plus tenir en servitude un Judéen, son frère. »
23 [Genèse 15;18] : « Ce jour-là Yahvé conclut une alliance avec Abram en ces termes : "A ta postérité Je donne ce pays (cette terre), du Fleuve d'Egypte jusqu'au Grand Fleuve, le fleuve d'Euphrate »
24 [Genèse 17;4-5] : « "Moi, voici Mon alliance avec toi: tu deviendras père d'une multitude de nations. (5) Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car Je te fais père d'une multitude de nations. »
25 [Genèse 17;8] : « A toi et à ta progéniture après toi, Je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et Je serai votre Dieu." »
26 [Genèse 17;15-16] : « Dieu dit à Abraham : "Ta femme Saraï, tu ne l'appelleras plus Saraï, mais son nom est Sara. (16) Je la bénirai et même je te donnerai d'elle un fils ; Je la bénirai, elle deviendra des nations, et des rois de peuples viendront d'elle." » – [Genèse 17;20] : « En faveur d'Ismaël aussi, Je t'ai entendu : Je le bénis, Je le rendrai fécond, Je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et Je ferai de lui une grande nation. »
27 [Genèse 18;19] : « Car Je l'ai distingué, pour qu'il prescrive à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de Yahvé en accomplissant la justice et le droit ; de la sorte, Yahvé réalisera pour Abraham ce qu'il lui a promis." »
28 [La Génisse 2;133] : « Ou étiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob, et qu'il dit à ses enfants : "Qu'adorerez-vous après moi ?" Ils dirent : "Nous adorerons ta divinité et la divinité de tes ancêtres, Abraham, Ismaël et Isaac, divinité unique, et à qui nous nous soumettons". »
29 [Nombres 23;19] : « Dieu n'est pas un mortel, pour mentir, ni un fils d'Adam, pour qu'Il se ravise ; est-ce Lui qui parle et ne tient point parole ? Qui affirme et n'exécute point ? »
30 [Genèse 21;20-21] : « Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d'arc. (21) Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d'Egypte. »
31 [Genèse 25;12-16] : « Voici la descendance d'Ismaël, le fils d'Abraham, que lui enfanta Agar, la servante égyptienne de Sara. (13) Voici les noms des fils d'Ismaël, selon leurs noms et leur lignée : le premier-né d'Ismaël Nebayot, puis Qédar, Adbéel, Mibsam, (14) Mishma, Duma, Massa, (15) Hadad, Téma, Yetur, Naphish et Qédma. (16) Ce sont là les fils d'Ismaël et tels sont leurs noms, d'après leurs douars et leurs camps, douze chefs d'autant de communautés. (18) Ses fils habitèrent depuis Havila jusqu'à Schur, qui est en face de l'Egypte, en allant vers l'Assyrie. Il s'établit à la face de tous ses frères. »
32 [Genèse 28;9] : « et il (Esaü) alla chez Ismaël et prit pour femme -- en plus de celles qu'il avait – Mahalat, fille d'Ismaël, le fils d'Abraham, et sœur de Nebayot. » – [Genèse 36;3-4] : « Bashmat, la fille d'Ismaël et la sœur de Nebayot. (4) Ada enfanta à Esaü Eliphaz, Basmat enfanta Rêuel »
33 [Isaïe 60;7] : « Tous les troupeaux de Kédar se rassembleront chez toi, les béliers de Nebayot seront à ton service, ils monteront à Mon autel en sacrifice agréable, et Je glorifierai Ma maison de splendeur. »
34 [Genèse 37;25.27.28] : « Puis ils s'assirent pour manger. Comme ils levaient les yeux, voici qu'ils aperçurent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume et de ladanum, qu'ils allaient livrer en Egypte. (27) Venez, vendons-le aux Ismaélites, mais ne portons pas la main sur lui : il est notre frère, de la même chair que nous." Et ses frères l'écoutèrent. (28) Or des gens passèrent, des marchands madianites, et ils retirèrent Joseph de la citerne. Ils vendirent Joseph aux Ismaélites pour vingt sicles d'argent et ceux-ci le conduisirent en Egypte. » – [Genèse 39;1-2] : « Joseph avait donc été emmené en Egypte. Potiphar, eunuque de Pharaon et commandant des gardes, un Egyptien, l'acheta aux Ismaélites qui l'avaient emmené là-bas. (2) Or Yahvé assista Joseph, à qui tout réussit, et il resta dans la maison de son maître, l'Egyptien. » –
35 [Genèse 21;12-13] : « mais Dieu lui (Abraham) dit: "Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, c'est par Isaac qu'une descendance perpétuera ton nom, (13) mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta progéniture." »
36 [Genèse 24;67] : « Et Isaac introduisit Rébecca dans sa tente: il la prit et elle devint sa femme et il l'aima. Et Isaac se consola de la perte de sa mère »
37 [Genèse 35;10-12] : « Dieu lui dit: "Ton nom est Jacob, mais on ne t'appellera plus Jacob, ton nom sera Israël." Aussi l'appela-t-on Israël. (11) Dieu lui dit : "Je suis El Shaddaï. Sois fécond et multiplie. Une nation, une assemblée de nations naîtra de toi et des rois sortiront de tes reins. (12) Le pays [hares] que J'ai donné à Abraham et à Isaac, Je te le donne, et à ta postérité après toi Je donnerai ce pays [hares]. »
38 [Exode 1;1-5] : « Voici les noms des enfants d’Israël qui entrèrent en Egypte avec Jacob; ils y vinrent chacun avec sa famille: (2) Ruben, Siméon, Lévi et Juda, (3) Issachar, Zabulon et Benjamin, (4) Dan et Nephtali, Gad et Asher. (5) Les descendants de Jacob étaient, en tout, 70 personnes. Joseph, lui, était déjà en Egypte. »
39 [Genèse 15;12.13.16] : « (12) Comme le Soleil allait se coucher, une torpeur tomba sur Abram et voici qu'un grand effroi le saisit. (13) Yahvé dit à Abram : "Sache bien que tes descendants seront des étrangers dans un pays qui ne sera pas le leur. Ils y seront esclaves, on les opprimera pendant 400 ans. (16) C'est à la quatrième génération qu'ils reviendront ici, car jusque-là l'iniquité des Amorites n'aura pas atteint son comble." »
40 [Les Murailles 7;181] : « Parmi ceux que Nous avons créés, il y a une nation [Ummah] qui guide selon la vérité et par celle-ci exerce la justice. » – [La Famille d’Imran 3;104] : « Qu'il y ait parmi vous une nation [Ummah] de gens qui appellent au bien, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Ce sont eux qui réussissent. »
41 [Les Murailles 7;159-160] : « Parmi le peuple de Musa (Moïse), il est une nation [Ummah] qui guide avec la vérité, et qui, par-là, exerce la justice. (160) Nous les répartîmes en douze tribus, (en douze) nations [Ummah] (...) »
42 [Genèse 48;15.16.18] : « Il bénit ainsi Joseph : "Que le Dieu devant qui ont marché mes pères Abraham et Isaac, que le Dieu qui fut mon pasteur depuis que je vis jusqu'à maintenant, (16) que l'Ange qui m'a sauvé de tout mal bénisse ces enfants (Ephraïm et Manassé), que survivent en eux mon nom et le nom de mes ancêtres, Abraham et Isaac, qu'ils croissent et multiplient sur la terre !" (...) (19) Mais son père refusa et dit : "Je sais, mon fils, je sais : lui (Manassé) aussi deviendra un peuple, lui aussi sera grand. Pourtant, son cadet (Ephraïm) sera plus grand que lui, sa descendance deviendra une multitude de nations." »
43 Article du même auteur : La Boucle du temps. De la racine de souche à l’Arbre de Vie – Première Partie – 17 février 2024 | Réf : La Voie de l’Ordre – Récit de la première alliance. | DOI : https://doi.org/10.5281/zenodo.10607834
44 [Genèse 41;45.50-52] : « Et Pharaon imposa à Joseph le nom de Cophnat- Panéah et il lui donna pour femme Asnat, fille de Potiphéra, prêtre d'On. Et Joseph partit pour le pays d'Egypte. (50) Avant que vînt l'année de la famine, il naquit à Joseph deux fils que lui donna Asnat, fille de Potiphéra, prêtre d'On. (51) Joseph donna à l'aîné le nom de Manassé, "car, dit-il, Dieu m'a fait oublier toute ma peine et toute la famille de mon père." (52) Quant au second, il l'appela Ephraïm, "car, dit-il, Dieu m'a rendu fécond au pays de mon malheur." » – [Genèse 46;20] : « Joseph eut pour enfants en Egypte Manassé et Ephraïm, nés d'Asnat, fille de Potiphéra, prêtre d'On. »
45 Les livres des morts sont des papyrus antiques datés des environs de 1200 avant JC, sur lesquels sont inscrits des lectures funéraires. Ils sont généralement placés dans les tombeaux de momies. Il existe différentes versions comme le papyrus d’Ani.
46 [Exode 6;3-5] : « Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme El Shaddaï, mais Mon nom de Yahvé, Je ne le leur ai pas fait connaître. (4) J'ai aussi établi mon alliance avec eux pour leur donner le pays de Canaan, la terre où ils résidaient en étrangers. (5) Et Moi, J'ai entendu le gémissement des enfants d’Israël asservis par les Egyptiens et Je me suis souvenu de mon alliance. »
47 [Genèse 27;29] : « Que les peuples te servent, que des nations se prosternent devant toi! Sois un maître pour tes frères, que se prosternent devant toi les fils de ta mère ! Maudit soit qui te maudira, Béni soit qui te bénira !" » – [Genèse 37;9-11] : « Il eut encore un autre songe, qu'il raconta à ses frères. Il dit : "J'ai encore fait un rêve : il me paraissait que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi." (10) Il raconta cela à son père et à ses frères, mais son père le gronda et lui dit : "En voilà un rêve que tu as fait ! Allons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, venir nous prosterner à terre devant toi ?" (11) Ses frères furent jaloux de lui, mais son père gardait la chose dans sa mémoire. » – [Joseph 12;4] « Quand Yusuf (Joseph) dit à son père : "Ô mon père, j’ai vu en songe onze étoiles et aussi le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi." (...) »
48 [Joseph 12;6] : « Ainsi ton Seigneur te choisira et t’enseignera l’interprétation des rêves, et Il parfera Son bienfait sur toi et sur la famille de Yacoub (Jacob), tout comme il l’a parfait auparavant sur tes deux ancêtres, Ibrahim (Abraham) et Ishaq (Isaac), car ton Seigneur est Omniscient et Sage. »
49 [Joseph 12;30] : « Des femmes dans la ville dirent : la femme d’Al-Aziz a essayé de séduire son servant. Il l’a rendu folle d’amour ? Nous la voyons dans un égarement évident »
50 [Genèse 36;10] : « Voici les noms des fils d'Esaü: Eliphaz, le fils d'Ada, femme d'Esaü, et Réuel, le fils de Basmat, femme d'Esaü. » – [Genèse 36;13] : « Voici les fils de Rêuel : Nahat, Zérah, Shamma, Mizza. Tels furent les fils de Basmat, la femme d'Esaü. »
51 [1Chroniques 1;44] : « Béla mourut et à sa place régna Yobab, fils de Zérah, de Bosra. »
52 Naissance des fils de Juda : [Genèse 38;28-30] : « Pendant l'accouchement, l'un d'eux tendit la main et la sage-femme la saisit et y attacha un fil écarlate, en disant :"C'est celui-là qui est sorti le premier." (29) Mais il advint qu'il retira sa main et ce fut son frère qui sortit. Alors elle dit : "Comme tu t'es ouvert une brèche !" Et on l'appela Pérèç (30) Ensuite sortit
son frère, qui avait le fil écarlate à la main, et on l'appela Zérah. »
53 [Le Discernement 25;54] : « Et c’est Lui qui de l’eau a créé une espèce humaine qu’Il unit par les liens de la parenté et de l’alliance. Et ton Seigneur demeure Omniprésent. »
Article : Abraham, père des deux nations de l'Alliance.
Auteure : Ouafae Lamraoui
Date de publication : 18 Octobre 2024
Discipline scientifique : Eschapsologie
Volet : Théologie
Contenu : Les récits du Livre
DOI : 10.5281/zenodo.13951056