Bouleversement (Part1)

Le Livre, modèle théorique en prédiction de la loi fondamentale.

Date de mise à jour : 09 janvier 2026
Date de publication : 07 janvier 2026
Volet de recherche : Théologie
Contenu : Tom 4 - Bouleversement
DOI : 10.5281/zenodo.18203381
URLhttps://doi.org/10.5281/zenodo.18168661


Le Livre

modèle théorique en prédiction de la loi fondamentale. 

Théorie du Livre | Dans le domaine des sciences, une théorie est un modèle qui désigne un ensemble d’affirmations, de principes, d’idées ou de lois décrivant un ou des phénomène(s) observé(s) par des expérimentations ou des principes théoriques mathématiques. Pour inclure une théorie au sein des connaissances établies, celle-ci doit produire un résultat expérimental observable ou théorique non prédictible par une autre théorie établie. Dans le cas de la théorie du Livre, le cadre de travail décrit des principes pouvant être observables au travers de son propre recueil d’informations.

DOI


QU'EST-CE QUE LE LIVRE ?


Le Livre est au centre de la théorie dont il fait l’objet. Il se base sur les Textes des trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) dans une révélation progressive, dont les canons hébraïques, biblique et coranique sont le sujet d’étude. La plus ancienne partie du Livre, le canon hébraïque, contient un ensemble de récits mythiques, qui relatent à la fois des évènements antiques ayant bien eu lieu, mais, dont l’exactitude est néanmoins parfois décalée des faits historiques reconnus. Le canon biblique offre une approche plus hellénistique, prenant clairement ses distances avec les récits historiques et les mythologies qu’il aborde toutefois de-ci, de-là, pour prodiguer un enseignement plus moral. Enfin, le canon coranique a la particularité de ne pas être un texte inspiré, comme les révélations précédentes, mais une récitation orale inspirée dont la rédaction écrite a été organisée assez rapidement après sa révélation.   

​Les Écritures hébraïques – Des récits mythiques

​ Les Écritures hébraïques sont un ensemble de textes introduits dans ce que le judaïsme moderne nomme, Tanakh. Il comprend trois parties : les cinq livres de la Thora (loi, enseignement ou instruction en hébreu) ; les livres des Prophètes subdivisés en deux parties (premiers Prophètes antérieurs à l’exil et derniers Prophètes ultérieurs à l’exil) ; et les autres écrits [1]. Des textes rabbiniques connexes ont par la suite donné lieu à une bibliothèque de discutions basées sur la Torah, pour juger les affaires des Judéens. Ils ont été créés en deux versions de Talmud, dès le Ier siècle de l’ère grégorienne :  le Talmud palestinien (ou de Jérusalem), composé des traités hébreux et araméens de la Mishna [2] (IIe siècle) sur les règles de prescriptions de la Torah, et des commentaires plus tardifs de la Gémara araméenne (VIe siècle) ; le Talmud babylonien, composé des littératures rabbiniques compilées aux alentours du Ve siècle. Il est composé de six ordres qui traient sur les divers sujets de la loi hébraïque. 

​Depuis la fin de la compilation du Talmud originel, au terme du VIe siècle, de nombreux commentaires et exégèses, sont venus s’y greffer, tentant d'en poursuivre les discussions en aboutissant à des interprétations bien trop novatrices. La composition du corpus talmudique primaire est une ressource littéraire renseignant les origines des traditions judaïques développées et diffusées durant les premiers siècles suivants l’écriture de la Torah. Le Talmud décrit la tradition judaïque, mais n’est cependant pas partie du Livre, contrairement à la Torah sur laquelle les rabbins de la période précédant la dernière révélation se sont basés pour son développement. Les travaux d’études de la Torah, entrepris par les rabbins, sont par ailleurs reconnus du canon coranique [La Table Servie 5;44]. 

​La Bible – Un enseignement moral

​La Bible est décomposée en deux grandes sections, l’ancien et le nouveau Testaments. La première division, l’ancien Testament, introduit les écritures hébraïques que le dogme biblique reconnaît à travers les traductions antiques de la Septante [5]. L’ordre d’agencement et la composition des livres protocanoniques hébreux, diffèrent en quelques points du canon de l’ancien Testament biblique grec, auquel peuvent être inclus des livres dits deutérocanoniquesLa deuxième division du canon biblique, le nouveau Testament, est rédigée en grec ancien durant la seconde moitié du Ier siècle. En pleine instauration, par Rome, d’un nouveau système d’organisation du temps solaire avec le calendrier Julien, le nouveau Testament marque une ère théologique nouvelle, caractérisée par les enseignements moraux que traitent les Évangiles. Le christianisme se distingue en plusieurs branches religieuses nommées, Églises, qui composent et ordonnent chacune leur propre canon. En dehors de ces corpus reconnus par les autorités religieuses, il existe de nombreux textes, dits apocryphes, c’est-à-dire dont l’authenticité n’a pas été reconnue [3]. Parmi les apocryphes, on retrouve : les écrits intertestamentaires retrouvés à Qumran, entre 1947-1956 ; et les agnostiques Égyptiens de la bibliothèque Nag Hammadi [4] découverts en 1945.

​Le Coran – Récitation de la Parole 

​Le cas particulier du canon coranique est exempte des procédés de rédactions, corrections, réécritures et compilations auxquels ont dû faire face les docteurs, scribes et traducteurs précédents. Cette dernière révélation est une récitation d’inspiration angélique qui s’est manifestée à l’oral. Les récitations révélées ont été apprises par cœur par plusieurs individus, du vivant même du Messager, puis, durant les premières années suivant son décès, ont rapidement été rédigées sur des supports d’écritures et organisées en sourates, sous la direction de son propre fils adoptif. Une sourate correspond à un chapitre, comprenant plus ou moins de versets. Le Coran compte cent-quatorze (114) sourates. Il est le plus récent des canons du Livre n’ayant pas subit de modifications majeures connues, si ce n’est le rajout des voyelles, depuis sa révélation au début du VIIe siècle. Jusqu’à ce jour, les sourates continuent d’êtres apprises par cœur et psalmodiées par les pratiquants. Une tradition complémentaire recueille une compilation de transmission orale, nommés hadiths, sur les faits et gestes du Messager durant sa période de mission. Tout comme pour les compilations talmudiques, les hadiths ne font pas partie du Livre, mais apportent un enseignement sur les circonstances de la révélation. 


  ÉCRITURE & CONTENU LITTÉRAIRE


​L’écriture est un recueil d’information qui contient à la fois le fond et la forme de son contenu littéraire. Sa trace graphique est inscrite sur l’élément matériel du support, compilé en plusieurs documents anciens. Dès lors, ce sont trois éléments qu’il faut prendre en compte : 1) le support matériel, moyen de communication inter-civilisationnel, sensible aux aléas du temps ; 2) le fond du contenu littéraire qui donne le sens du message ainsi que la proposition textuelle ; 3) la formulation de cette proposition textuelle dans la forme originale des écrits, c’est-à-dire, la manière dont l’œuvre a été produite, la touche personnelle de l’auteur avec le choix du style et du genre littéraire qui n’inclut cependant pas l’élément cadre de la théorie scientifique. L’observation de chaque élément du Livre indépendamment les uns des autres (support, fond et forme) permet une accumulation de preuves qui établissent l’évidence même de la théorie.

​Le support graphique - Preuve matérielle

​Prenons le support matériel du Livre qui est une compilation d’œuvres réparties dans l’espace et dans le temps. Les plus anciens textes sont généralement rédigés sur des papyrus ou des manuscrits antiques, dont les fragments découverts lors de recherches archéologiques sont conservés dans divers musées et lieux d’archives. Tous ces textes sont présentés comme des copies dont certaines ont même été retrouvées en plusieurs exemplaires. De nombreux corps de métiers gravitent autours de l’étude des reliques, tels que des archéologues, historiens ou paléographes.. Après un travail minutieux de datation des reliques par les spécialistes, la compilation des œuvres a été validée des autorités religieuses pour être incluses dans les divers canons ou classées parmi les apocryphes. Les chercheurs s’appuient sur plusieurs techniques, pour dater la composition biologique des supports et la rédaction de chaque texte, telles que : la datation radiométrique au carbone 14 qui permet de donner une période fourchette en mesurant la date de mort des cellules de la plante ou du cuir qui a servi de support ; l’analyse des poteries et objets connexes variés ; le contexte environnemental ; l’étude du texte ainsi que sa comparaison avec l’archéologie et d’autres textes antiques contemporains, etc...  

fig1 : Papyrus Nash contenant les Dix commandements de la Torah | Datation estimée entre -150 à -100 | Découvert en Égypte en 1898. (Crédit : image publique)


​Tout ce travail d’analyse permet de relever les multiples réécritures impliquant plusieurs mains tout au long de l’histoire des textes, dans un processus de compilation. Il est intéressant de noter que la datation des plus anciens documents bibliques découverts n’excèdent pas le IIe, voire le IIIe siècle avant J.-C.. Cette période qui semble s’inscrire dans une première dynamique collective de rédaction et de compilation des premiers textes, laisse émerger les premiers supports de papyrus tels que : le papyrus Nash (de -150 à -100) qui contient les Dix commandements en hébreu, retrouvé en Égypte, en 1898 ; et les manuscrits de la mer Morte (de -150 à +70), retrouvés à Qumran, en Palestine, entre 1947 et 1956. La plus ancienne relique, attestant l’intention publique d’une démarche de traduction collective de la Torah en grec, la Septante [5], est la lettre d’Aristeas aux Philocrates (vers -200), dont les plus anciens fragments de papyrus datent du Ier siècle avant J.-C.. La version du Pentateuque samaritain (de -200 à -100), est également rédigée dans une écriture dérivée de l’alphabet paléo-hébraïque, mais contenant de nombreuses différences textuelles des versions hébraïques et de la Septante. Dès les premiers centenaires de notre ère, une nouvelle dynamique professorale est enclenchée dans la traduction et la mise en circulation de plusieurs versions sous forme de codex : le Codex Crosby-Schøyen écrit en copte, vers le IIIe siècle, est retrouvé dans un bocal enterré dans le sable, en 1952, en Égypte, non loin de Nag Hammid ; le Codex Amiatinus qui se compose de la traduction latine de la Vulgate (IVe siècle) ; la Peshitta (Ve siècle) est une version syriaque répandue au Moyen-Orient.  

​Lorsque l’archéologie biblique apparaît au XIXème siècle, celle-ci ne cherchant qu’à conforter les récits bibliques pour en justifier l’historicité, est jugée peu scientifique par les autres archéologues qui prennent peu à peu conscience des décalages entre les textes et les évènements qu’ils relatent. Ils finissent par la remplacer par l’archéologie des religions présentée de façon plus neutre. En effet, lorsque l’archéologie est utilisée comme un outil de démonstration et de réconfort de ses propres croyances au dépit des évidences scientifiques, on finit par faire des raccourcis ambigus et erronés dans les interprétations. La science promeut la neutralité de recherche tant sur le papier que sur le terrain, ce qui pousse à adapter les explications à la réalité des faits scientifiques et non à des croyances. Dans ce nouvel élan de recherche sur le terrain, de nombreux sites archéologiques ont vu le jour aux Moyen et Proche-Orient durant les deux à trois derniers centenaires, apportant par la même occasion une meilleure connaissance des histoires antiques. Les nombreuses reliques découvertes, ont aidé à la compréhension, à la construction, parfois la reconstruction du récit historique des évènements et des mouvements des anciennes civilisations. Il est dit de ce précieux adage que : pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. 

fig2 : Site archéologique de Massada, identifié en 1963-1965, près de la mer Morte, en Israël | Forteresse perchée ayant abrité une communauté de copistes Esséniens, entre -150 à +70 | Inscrit en 2001 au Patrimoine mondial de l’UNESCO. (Crédit : ©Godot13 | https://en.wikipedia.org/wiki/File:Israel-2013-Aerial_21-Masada.jpg)


​Ce qui distingue les plus anciens artefacts comportant les traces graphiques du Livre, des objets archéologiques classiques, tient dans le fond et la forme de leur contenu littéraire. Le support est la preuve concrète [Ta Ha 20;133] de son existence matérielle dans l’espace et le temps. Comme tout objet archéologique, les reliques racontent le comment des circonstances historiques au moment approximatif de la composition des récits du Livre.  Mais, pour interpréter le pourquoi des causes qui ont mené à l’écriture de ces récits, vient la théorie cadre qui englobe à la fois l’histoire archéologique des écritures, le sens du message transmis par les textes, ainsi que la manière dont a été produite l’œuvre littéraire dans son ensemble. 

​Le fond du contenu - Rédactions des scribes  

​Le fond du contenu du Livre fait référence aux assises de l’œuvre, sa substance, comprenant les thèmes et les péripéties abordées. Il peut prêter à diverses explications selon les besoins ou les dogmes. Les archéologues bibliques, par exemple, s’emploient à interpréter l’œuvre de façon historique, notamment grâce aux indices parsemés dans les récits qui y sont relatés. Les exégèses, quant à eux, expliquent parfois les textes de façon mystique, tantôt comme un enseignement moral, parfois comme les principes d’une jurisprudence de nature divine ou encore comme un mode de vie idéal. Toutes ces interprétations humaines ont largement contribué à la formation de nombreuses branches de pratiques religieuses parmi les canons du Livre. Malgré toutes les traductions retrouvées des textes antiques, les langues primordiales restent l’hébreu, le grec et l’arabe. Mais, bien que cela ait largement contribué à l’expansion de la religion monothéiste, la diversité des traductions contemporaines, basées, non plus sur les originaux, mais sur d’autres traductions modernes, ont à leur tour participé à la formation de nouvelles branches idéologiques de plus en plus radicales dans l’application des préceptes. Mêlées au domaine politique, celles-ci exploitent parfois une faille en reproduisant littéralement les textes dans leur sens le plus violent du terme, notamment lorsqu’il s’agit d’asseoir un pouvoir ou de concrétiser un agenda politique. 

​La rédaction des récits a nécessité une adaptation aux différentes philosophies, cultures et traditions qui s’entrechoquent au Proche et Moyen-Orient durant une période s’étalant du IIIe au IIe siècle avant J.-C., période estimée des plus anciens supports archéologiques retrouvés ; jusqu’à l’avènement de la dernière révélation du Livre, au début du VIIe siècle après J.-C.. Les récits ont, de toute évidence, grandement été influencés par la philosophie hellénistique dont on retrouve de nombreuses références à travers le contenu de fond. Parmi les textes gnostiques du IIe siècle de la bibliothèque de Nag Hammadi, en Égypte, une traduction copte de la République de Platon est également retrouvée.  

​Le fond du contenu n’est pas forcément gage de vérité. Il n’est que la raison pour laquelle il a été écrit, celle de transmettre un message dans un style littéraire propre à son auteur. En contraste à l’écriture profane, qui est le fond du contenu du Livre rédigé de mains d’hommes, le message est décrit dans le canon hébraïque comme l’Écriture ou le Livre de Vérité [Daniel 10;21]. Il est l’origine même du travail de rédaction, c’est-à-dire, le « pourquoi ? ». À mesure que les récits progressent, cette écriture de vérité devient un témoignage de vérité dans les textes du canon biblique [Évangile selon Jean 8;13-16]. Puis, à l’avènement du canon coranique, une différence est établie entre le fond du contenu et le message de vérité qui sont dorénavant nommés Livre profane (Sijin), destiné aux fugitifs, et Livre céleste ou élevé (Ilyun), destiné aux justes [Les Fraudeurs 83;6-9|18;21]. Il semble important de garder à l’esprit cette notion primaire de l’œuvre qui tant à différencier la façon dont le fond de son contenu a été rédigé avec ses tableaux d’intrigues, ses sujets, le déroulé de leurs histoires prêtant à des interprétations diverses... et les mémoires de sa matrice contenants les arcanes du Livre qui sont le message de vérité que souhaite transmettre l’auteur de l’œuvre dans un style littéraire qui lui est propre. 

​La forme originale - Empreinte de l’auteur

​La forme originale des écritures est le contenant du Livre. Elle se distingue, non seulement par des récits écrits dans un style littéraire structuré et de son message de vérité, mais également par la manière dont l’œuvre est rédigée dans son ensemble. La condition sine qua non d’originalité de l’œuvre, réside dans le respect d’utilisation de certaines procédures de communications écrites, qui portent  l’empreinte de la personnalité de l’auteur. Même si plusieurs mains ont participé à la rédaction du contenu de fond, son initiative revient, selon le principe du droit d’auteur, à la seule entité physique ou morale qui en publie et divulgue le message de vérité sous sa forme originale et en son nom. Quels que soient les noms d’auteurs attribués aux différentes reliques qui composent les canons antiques du Livre, il n’en reste pas moins que l’auteur ultime est reconnu par les exégèses comme étant le Saint-Esprit

​Les noms donnés à Dieu changent constamment tout au long des écritures. Les deux plus communs sont représentatifs de Son unicité : le tétragramme paléo-hébraïque, YHWH, qui s’emploie à la troisième personne du  singulier, mais auquel commandement interdit toute prononciation à tort [Exode 20;7] ; et le nom arabe, ALLAH, qui symbolise la Divinité à la troisième personne du singulier, mais qui se conjugue à la première personne du pluriel "Nous" lors des narrations. Ces deux noms, Yhwh et Allah, ont la particularité de se prononcer dans un souffle d’expiration, un soupir. D’autres noms employés dans les anciennes écritures sont dits pluralis majestalis, c’est-à-dire, pluriels, tout en se conjuguant au singulier comme Adonaï (mes Seigneurs) et Élohim (les Dieux), auxquels Yhwh s’adresse comme à une assemblée plurielle [6]. Même si Dieu est un Esprit [Évangile selon Jean 4;24], les écritures font paradoxalement référence à sept Esprits de Dieu, dont on retrouve les caractéristiques de l’assemblée pluralis majestalis. Les sept Esprits sont « les sept yeux de l’Agneau dont les regards brûlent devant le trône de (Yhwh) [7] comme des lampes ardentes » [Révélations 1;4|3;1|4:5]. Le candélabre à sept branches disposé dans le Saint du Tabernacle [Exode 25;31-40] est l’objet qui symbolise le mieux la pluralité de l’Esprit-Saint. Un et pluriel à la fois, c’est-à-dire un seul auteur, qualifié dans une narration multiple.

fig3 : Pierre de Magdala découverte dans la synagogue de Magdala. Datation est estimée au milieu du Ie siècle de notre ère, dans la province romaine de Syria-Palæstina. Plus ancienne représentation du candélabre à sept branches du Tabernacle, symbole de l’Esprit-saint pluralis majestalis. (Crédit : ©Hanay |  https://en.wikipedia.org/wiki/File:Magdala_Stone_(4).jpg)


​Comme toute œuvre d’esprit, le Livre suppose l’existence d’une création de forme littéraire originale par laquelle les idées de l’auteur sont exprimées dans le respect des caractéristiques de sa personnalité. L’empreinte des aspects émotionnels, d’attitudes et de comportements de l’Esprit-saint se retrouve tout au long des écritures bibliques. Il est décrit comme un Esprit de sainteté et d’adoption qui donne la vie [Épître aux Romains 1;4|8;2|8;15], un Esprit de sagesse et de révélation [Épître aux Éphésiens 1;17], ou encore un Esprit de grâce [Épître aux Hébreux 10;29] et de doxa [1Pierre 4;14]. L’ensemble de ces images de caractères sont à ne pas confondre avec les sept Esprits de l’Ekklésia [8]. Chacun des sept Esprits de l’Ekklésia « envoyés en mission par toute la terre » [Révélations 5;6], se porte garant d’une vérité qui confirme l’objet dont ils sont la preuve manifeste, le Livre en tant qu’œuvre de l’Esprit-saint. Chacun des sept Esprits de Yhwh représente une vertu : Esprit de Sagesse, d’Intelligence, de Conseil, de Force, de Connaissance, de Crainte de l’Éternel [Ésaïe 11;2-3] et enfin de Vérité [Évangile selon Jean 4;24|16;13]. Chaque vertu est une singularité dans le pluralis majestalis, à l’exemple de l’Esprit de Sagesse qui tient une place omniprésente dans l’ensemble du Livre [9]. La Sagesse reflète le fonctionnement des sept Esprits. Les vertus individuelles sont l’incarnation d’un individu à part entière, dont les caractéristiques transcendent dans l’Ekklésia. 

fig4 : Représentation des sept Esprits de Dieu : Sagesse ; Vérité ; Force ; Intelligence ; Conseil ; Connaissance ; Crainte de l’Éternel.


​Les écritures placent la Sagesse de Dieu au-delà des facultés relatives à l’intelligence, à la philosophie et au bon sens. Elle est dissociée de la sagesse humaine ; inscrite au côté du Logos [1Corinthiens 2;1-15] ; et suit un processus de personnification tout au long du corpus des sages inclus dans la Septante [10]. Elle va jusqu’à s’exprimer à la première personne dans ses Mémoires [11], se réclamant du principe même de toute création  [Proverbes 8;12 à 9;6]. La Sagesse apparaît comme une créature à part entière, dont le siège de raison est une intrigue [Job 28;12 à 28]. Le narrateur du livre de la Sagesse fait à son tour l’éloge de cette épouse qui lui apportera gloire et honneur parmi les sages, bien que lui-même encore jeune [La Sagesse 8;4 à 13].

​Le canon coranique va plus loin, en associant la Sagesse au Livre [12], qu’elle porte dans sa matrice, Mère du Livre [13]. Reprenant l’allégorie de la maternité, elle est la génitrice biologique des richesses de la science ultime dans l’Esprit-saint [La Sagesse 7;12] [Épître aux Romains 11;33]. Dans le treizième chapitre du livre des Révélations, sa gestation prend fin dans les douleurs et le travail de l’enfantement, lorsque naît à la fois l’enfant mâle élevé au Ciel, premier-né de toutes créatures [Épître aux Colossiens 1;15], et l’entité de l’Ekklésia [8]

fig5 : Candélabre à sept branches gravées sur l’Arc de Titus peu après sa mort en 81 après J.-C., pour commémorer sa victoire en Judée | Relief du passage central, pilier sud de l’Arc de Titus, Rome antique. (Crédit : ©Cassius Ahenobarbus | https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Arc_titus_relief_sud.jpg)



PARACHÈVEMENT DU LIVRE DE VÉRITÉ


Le Livre de vérité ou de fondement a été révélé dans l’objectif précis de transmettre un message dit de vérité, à travers deux notions législatives principales. Consignées dans le canon coranique [La Table Servie 5;41-49], ces prescriptions ont été révélées pour permettre au médiateur, le Paraclet, d’intercéder auprès de Dieu, pour les hommes [14]. L’une d’elles désigne la Loi : d’abord dans la Torah qui est le Livre profane (Sijin) dont la garde a été confiée aux prophètes, rabbins et docteurs qui jugent les affaires des Judéens [15] ; puis dans le Livre de vérité (Ilyun), pour confirmer et prévaloir sur, le Livre profane qui était là avant lui, afin de juger parmi les gens du Livre. L’autre notion est en Jésus, fils de Marie [Épître aux Colossiens 1;5] : Parole de Vérité, c’est-à-dire l’Évangile, qui s’accomplit par la Foi pour confirmer la Loi qu’il y avait avant [Évangile selon Matthieu 5;17].  

Même si ces deux prescriptions de la Loi diffèrent dans leurs champs d’applications, elles s’expriment de façon complémentaire pour parfaire le modèle théorique. La Torah, est une constitution qui régie le domaine profane (Sijin), que le Livre de vérité (Ilyun) par sa prévalence, réduit à la loi dite du talion [16]L’Évangile est l’expression verbale d’abandon vers l’ultime croyance, la Foi, qui parachève ladite loi renommée Christ [Romains 3;28]. Tel est le Livre de vérité, armature qui scelle les préceptes originels de la loi, dans la Matrice du Livre [La Famille d’Imran 3;7|3;45].  

​Croyance et libre arbitre

​Les croyances sont au cœur de la psychologie humaine. Ce sont de fortes convictions personnelles, perçues selon les individus, comme des vérités qui forgent nos attitudes mentales et influencent nos rapports aux autres. Les croyances fondamentales sont partout dans nos vies et se modèlent dès l’enfance par notre éducation familiale et nos expériences en société qui vont construire notre identité. Elles impactent nos processus d’apprentissages en ayant une influence sur nos relations et nos pensées. Enclenchées comme un mécanisme de survie en réponse à nos doutes, elles sont capables de nous empêcher d’être objectif en biaisant nos interprétations, mais donnent, cependant, du sens à nos observations. Certaines croyances peuvent être bénéfiques, d’autres peuvent produire des rituels ou des phobies limitantes. Un affrontement radical entre deux croyances opposées est généralement favorisé par des idéologies extrêmes. Un travail d’introspection individuel  s’avère alors nécessaire au bien-être psychologique de la personne. Même si une croyance fondamentale est profondément ancrée dans notre inconscient, il appartient à chacun de choisir de croire ou de ne pas croire, car toute croyance ne reflète pas LA réalité, mais, UNE réalité distordue par notre propre volonté sélective.  

​La notion de croyance ou doxa, était perçue par les philosophes antiques comme l’opinion, le jugement ou le point de vu individuel, souvent contrasté avec La réalité, La vérité (alétheia-ἀλήθεια). La doxa est cette identité centrale de pensée que l’on se forge individuellement à force de nos croyances et de nos expériences, mais qui ne reflète pas La vérité. Le concept de doxa a aujourd’hui évolué en une notion d’état physiologique du cerveau qui est directement lié à l’activité électrique de celui-ci, la conscience. Reconnue par le corps médical, la conscience analytique cérébrale (CAC) est rattachée à nos sens et forme un ensemble de connections reliant plusieurs localités cervicales les unes aux autres. La CAC est classée en deux catégories : la conscience cognitive qui désigne le processus de traitement de l’information (mémoires, raisonnement, langage, attention, motricité, émotion…) ; et la conscience phénoménale qui permet à l’individu de se positionner en tant que personne, du point de vue du « je » caractérisant le vécu ou le ressenti d’un sujet. La rédaction doctorale [15] du canon biblique, visiblement influencée par la philosophie hellénistique, emprunte les deux termes grecs que Platon  oppose [17] : la doxa et le logos dont la sémantique signifie la raison, le discours rationnel ou la parole fondée sur La vérité. Les écritures élaborent, néanmoins, leurs propres définitions. 

​La Doxa  – une masse de conscience   

​La doxa [δόξα], généralement traduite par le mot gloire, apparaît dans cent-cinquante (150) versets. Elle exprime à la fois la doxa des hommes et la doxa de Dieu [Évangile selon jean 12;43]. La doxa des hommes représente l’empreinte fondamentale des individus, la CAC, alors que la doxa de Dieu est une multiplication des consciences, unifiées en un seul Esprit-saint [2Corenthiens 4;15]. Depuis 2014, la science a validé l’idée qu’il y aurait deux consciences, dont l’une d’elle serait délocalisée, autonome et totalement indépendante de notre cerveau, la conscience intuitive extraneuronale [18] (CIE). L’âme [19] d’un individu est associée à la conscience analytique cérébrale, décrite comme charnelle, de chair ou le sang lui-même. Celle-ci convoite constamment contre l’Esprit qui renvoie à la conscience intuitive extraneuronale [Galates 5;16-21]. Ces deux consciences n’agissent pas simultanément. La CIE ne se met en action que lorsque la CAC s’éteint : lors de méditations, de prières ou d’hypnoses ; dans des phases de sommeil physiologiques profondes ; au cours d’un coma ou lors d’expériences de mort imminente (EMI), au moment de la mort clinique.

​ Les deux Épîtres aux Corinthiens font une description des deux doxas. L’une éphémère, est visible sur les visages. Elle reflète l’observance des commandements de la loi [2Corinthiens 3;7-10], dans le miroir du seau de Dieu apposé sur les fronts, qui irradie les œuvres individuelles [Deutéronome 11;18]. Mais, même si les bienfaits des œuvres illuminent les visages, la foi n’est accordée qu’à ceux qui recherchent l’autre doxa éternelle, intrinsèquement liée à Dieu [Évangile selon Jean 5;44]. Deviennent croyants, à l’instant où la foi pénètre leurs cœurs, ceux dont l’âme apaisée entre dans une communion invisible en accomplissant la doxa du Christ qui est l’image de Dieu [2Corinthiens 4;4]. La doxa de Dieu, l’ultime conscience de l’humanité, transcendante, flamboyante comme les rayonnements hétérogènes des astres [1Corinthiens 15;40-41], pénétrante comme un éclat de cristal dont la lumière déborde les Cieux et la Terre [La Lumière 24;35]. Elle apparaît dans une masse limpide d’éternité [2Corinthiens 4;17]. Une singularité connue de la Sagesse de Dieu, bien avant l’unification des Esprits [20] !   

​Le Logos – Parole de vérité

​ Le logos [21] est une conception profonde, apparue dès le VIe siècle avant J.-C. dans les textes d’Héraclite, que Platon développe par la suite dans son œuvre Sophiste. Il apparaît comme une structure primordiale de la pensée logique et un fondement ontologique qui articule à la fois un sens premier dans le principe de la parole, et un sens figuré dans la faculté de raisonnement et d’intelligence. Le Livre reprend cette même locution pour traduire la Parole ou le Verbe de Dieu. On retrouve, dans l’Évangile selon Jean, une longue introduction détaillée du Verbe (logos), comme émanant de Dieu et à la fois Dieu lui-même [Évangile selon Jean 1;1-8]. Selon la Genèse, tout a commencé au premier jour de la création, alors que les ténèbres couvraient l’abîme, Yhwh, de Sa Parole, créa la lumière.   

​Le Verbe, ainsi que la Sagesse, sont dès le commencement, deux annonciateurs de prestige, du mystère de Dieu [1Corinthiens 2;1] [Proverbe 3;19-20]. Ils sont deux des sept Esprits de Dieu. Le canon coranique fait, à Marie, mère de Jésus, l’annonce du Verbe d’Allah (kalimat Lah) [La Famille d’Imran 3;39|3;45], qui est à la fois le Verbe de Vérité (qul al-haq) [Marie 13;34], et l’Esprit-saint [22]. La Vérité, qui est l’un des sept qualificatifs de l’Esprit de Dieu, est une vertu que les écritures destinent à Jésus. La Sagesse, dont l’Esprit de prestige appartient à Dieu dans l’ultime communion des doxas, porte le Livre de Vérité dans sa Matrice. Or, le Verbe en son sein est l’Esprit de Vérité qui parachève le Livre en confirmant la loi par l’Évangile du Christ. Il est le Messie « à l'image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature » [1Colossiens 1;15], par lui sont, « le chemin, la Vérité et la vie » [Évangile selon Jean 14;6].  

  La foi – Loi du Christ 

​Les Écritures s’entendent pour donner les mêmes attributs à Jésus, le nommant tantôt le Verbe, tantôt le Messie, ou en dehors du Coran, le Christ. Chacun de ces pseudonymes consacre le même Être à des intervalles de temps différents (fig6). Le Verbe est l’Évangile, Parole de vérité, annoncé et scellé dans la matrice du Livre. Jésus, incarne l’individu dont la mission s’étale de sa naissance à la Passion du Christ. Il intègre pleinement l’Ekklésia en tant qu’Esprit de Vérité. Enfin, et là est le mystère de Dieu, il devient Jésus-Christ une fois éprouvé au-delà de la Passion du Christ. 

fig6 : Représentation schématique de la Sagesse portant le Verbe en sa matrice.


Nous avons vu un peu plus haut que l’Évangile est l’expression verbale d’abandon vers l’ultime croyance, la foi, qui ne s’accomplit que par la loi du Christ. La loi du Christ n’aboutit qu’après soumission aux commandements dont les bonnes œuvres individuelles irradient les visages. Mais, c’est au Jour de vérité, par un acte d’abandon dans la foi, que se réalise la doxa collective du Christ, l’image de Dieu. Pour exécuter la loi du Christ, les croyants doivent porter les fardeaux les uns les autres [Galate 6;2], et de la Terre, ces fardeaux du poids d’un atome, s’élèveront à Dieu dans un grand fracas [La Secousse 99]. Les Évangiles du canon biblique, décrivent la foi comme un grain de sénevé [Évangile selon Luc 17;6]. Le grain de sénevé ou de moutarde [Luqman 31;16], est la plus petite de toutes les semences. Mais alors qu’il est semé et grandit, il peut atteindre jusqu’à trois mètres, raison pour laquelle il peut être comparé à un arbre, par Jésus, dans la parabole du royaume des Cieux [Évangile selon Matthieu 13;31-32] [Évangile selon Luc 13;18-19]. Le Christ est une créature à part entière, une entité plurielle [1Corinthiens 10;17|12;12], un sanctuaire céleste [Épître aux Hébreux 9;24], dont le corps est composé de membres hétérogènes qui abandonnent leur conscience, en toute confiance à Dieu. Messie encore à venir, le Christ est l’acquittement collectif, en tout libre arbitre, du principe de l’atome de foi en une masse de matière plurielle condensée dans un volume n’excédant pas le chas d’une aiguille [Évangile selon Matthieu 19;24].

​Le Point Ø -  le mystère de Dieu 

​Voici l’introduction au mystère de Dieu [Les Djinns 72;26-27]. Tout abords ni la chair, ni le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu, dont l’entrée est aussi étroite que le chas d’une aiguille. Seuls les atomes de foi qui, en alimentant la doxa de Dieu, réalisent son mystère [1Corinthiens 15;50-52]. En science, une loi est une formule qui décrit ou qui prédit un ensemble de phénomènes naturels. La formule que prédit la Théorie du Livre : Ø=Θ(αΩ), en tant qu’équation d’état, décrit les relations entres les différents paramètres physiques dont les variables définissent l’état d’équilibres thermodynamique du système adjacent à la théorie du Livre, soit, le Point zéro. Il apparaît comme une source de vie d’une énergie colossale, dont l’entropie est prompt comme un clin d’oeil [La Lune 54;50] [Psaume 147;15]. L’équation décrit le point de pression au zéro absolu, une singularité qui mène au royaume des Cieux. Une porte de sortie, au Jour de la grande détresse, par laquelle sont transformées et dispersées les consciences fidèles au pacte [Actes 8;4] [1Corinthiens 15;35-38]. 

​Les écritures prédissent d’inévitables évènements pour la fin des temps. De nombreux signes sont inscrits, imagés, parfois même codés, dans les écritures. Nul n’a de contrôle sur ces évènements naturels, il est impossible de corrompre des lois physiques ou d’altérer leurs principes établis. Cependant, il nous reste le libre arbitre, car le système humain est, quant-à lui, sujet à la corruption. Nous avons donc le choix d’accomplir, ou non, la loi du Christ qui est un long processus de coordination commune, de don de soi, de confiance et de sacrifice pour aboutir à l’expérience ultime, celle que les plus imminents ont déjà réalisé [15]. Rappelons toutefois, que toute croyance ne reflète pas La réalité, mais, Une réalité distordue par notre propre volonté sélective. Alors, comme à chaque retour dans une boucle temporelle sans fin, nous sommes une fois de plus confronté à notre propre volonté [1Corinthiens 15,17]. Au-delà du désir, des âmes scientifiques, de réaliser une expérience hors du temps, posons-nous la question : l’humanité mérite-t-elle le sacrifice du Christ ? Qui mieux que nous même pour nous recommander [2Corinthiens 3;1-6].

[1] L’ordre d’agencement des livres du canon hébraïque varie selon les manuscrits et les éditions imprimées.

Les cinq livres de la Torah se nomment en hébreu : Bereshit (Au commencement) pour la Genèse ; Shemot (Noms) pour l’Exode ; Vayiqra (Et il appela) pour Lévitique ; Bamidbar (Dans le désert) pour les Nombres et Devarim (Paroles) pour le Deutéronome.  

Les livres des Prophètes, Neviim, comprennent : les premiers prophètes (Josué, Juges, Samuel et Rois) ; les prophètes seconds (Grands prophètes [Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel] et petits prophètes [Osée, Joêl, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahoum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie]).

Les autres écrits, Ketouvim, sont composés : des trois livres poétiques (Job, Proverbes et Psaumes) des cinq rouleaux (Cantique des Cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste et Esther) ; et d’autres livres (Daniel, Estras et Chroniques).  

[2] La Mishna a été compilée par les premiers transmetteurs de la tradition sur les règles de prescriptions de la Torah. La compilation des traités débute dès le Ier siècle de l’ère grégorienne, dans la province romaine de Syria-Palæstina, pour être achevée par Yahoud an-Nassi vers le IIe siècle. Du IIIe au Ve siècle, les générations suivantes créent deux grandes académies (Sourate et Pumbedita) en Babylonie avant la dernière révélation (Coran). Le travail éditorial des académies consiste en la rédaction de l'exégèse rabbinique du Talmud, dont l'œuvre provient principalement de l'académie de Sourate

[3] En l’an 363, la liste des textes retenus pour former le nouveau Testament est fixée lors du concile de Laodicée. En 382, le concile de Rome limite le canon biblique à vingt-sept livres (les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres, les treize Épîtres de Paul, l’Épître aux Hébreux, Révélation, et d’autres Épîtres...). La datation des livres de ce corpus est comprise entre 50 et 130 après J.-C. Les apocryphes n’y étaient pas encore compris.  

[4] La Bibliothèque Nag Hammadi est retrouvée dans une jarre, sur les rives du Nil, en Haute-Égypte, en 1945. Elle contient treize codex datés du IIe siècle contenant plus de cinquante textes dans lesquels figurent l’Évangile de Philippe, Évangile de Thomas, Évangile de Marie, Évangile de la Vérité etc...  

[5] La Septante représente la partie grecque qui compose l’ancien Testament du canon biblique. Les plus anciens fragments de papyrus (Ier siècle av. J.-C.), forment le papyrus Fouad 266, lesquels représentent les livres de la Genèse et du Deutéronome. Vers les IVe et Ve siècles, les trois codex les plus connus : Codex VaticanusCodex Sinaïticus et Codex Alexandrinus, comprennent déjà l’ensemble du canon biblique, soit la Septante et le nouveau Testament. Dans le canon biblique de l’ancien Testament : les cinq livres de la Torah se nomment Pentateuque ; les livres des Prophètes se nomment livres historiques et livres prophétiques ; les autres écrits se nomment livres poétiques et sapientiaux. Les livres deutérocanoniques sont : Judith - Tobie - 1er, 2e, 3e et 4e livres des Maccabées - livre de la Sagesse - Sagesse de Sirach (Siracide ou Ecclésiastique) - Baruch - Lettre de Jérémie (Chap.6 de Baruch) - Suzanne (Chap.13 de Daniel) - Bel et le Dragon (Chap.14 de Daniel) - 1er livre d’Esdras - Psaumes de Salomon.   

[6] Élohim (les Dieux) : « Dieu se dresse au conseil divin, au milieu des dieuxil juge » [Psaume 82;1] | Adonaï (mes Seigneurs) : « Oracle de Yahvé à mes Seigneurs : "Siège à ma droite, tant que j'aie fait de tes ennemis l'escabeau de tes pieds." » [Psaume 110;1]. 

[7] « Jean, aux sept Églises d'Asie. Grâce et paix vous soient données par "Il estIl était et Il vient", par les sept Esprits présents devant son trône » [Révélations 1;4]  - L’expression "Il est, Il était et Il vient" semble faire référence au nom de YHWH tel qu’il a été présenté à Moïse pour la première fois sur le Mont Sinaï : « Dieu dit à Moïse: "Je suis celui qui est". Et il dit: "Voici ce que tu diras aux Israélites: "Je suis" m'a envoyé vers vous." (15) Dieu dit encore à Moïse: "Tu parleras ainsi aux Israélites: YHWH, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob m'a envoyé vers vous. C'est mon nom pour toujours, c'est ainsi que l'on m'invoquera de génération en génération. » [Exode 3;14-15]. 

[8] L'Ekklésia [ἐκκλησία] est étymologiquement composé de deux termes : « ek » signifiant hors de et « klésis » pour appel. Le mot désigne précisément les appelés hors de, dans le sens d’une assemblée d’élus (un ministère) appelés à sortir. L’Ekklésia est l’entité qui désigne l’Assemblée des Premiers-nés [Épître aux Hébreux 12;23] comprenant des individus très hétérogènes [Révélations 7;9-14]. Un autre passage biblique utilise l’allégorie du couple marital pour décrire la relation entre le Christ et l’Ekklésia [Épître aux Éphésiens 5;2133]. 

  [9] La Sagesse : grec : [sophia - σοφίας] | hébreu : [khokmah - המכח] | arabe : [hikmata - ٱلْحِكْمَةَ] C’est bien la Sagesse, pluralis majestalis, de YHWH, qui a bâti sa maison  « les Sagesses a bâti sa maison » [Proverbe 9;1]. 

[10] Le corpus des sages comprend : Job, Proverbes, Psaumes, Cantique des Cantiques, Ecclésiaste, Ecclésiastique ou Siracide, livre de la Sagesse.  

[11] Le recueil des Mémoires de Sagesses est rassemblé dans l’œuvre du même auteure « Témoignages, les mémoires de Sagesse » – Édition BOD, 2023 | ISBN : 978-2-3222-2363-3.  

[12] Allah enseigne à ‘Isa (Jésus) : « le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile » [La Famille d’Imran 3;48] – [La Table Servie 5;110] | Ce qu’Allah, narrateurs « Nous », a apporté aux enfants d’Israël : «  le Livre, la Sagesse et la prophétie » [Les Bestiaux 6;89] [L’Agenouillée 45;16] Les expressions coraniques impliquant la Sagesse s’opposent à la sagesse humaine du conte antique d’Ahikar (Ve siècle avant J.-C.). Le roman d’Ahikar est une œuvre littéraire de Mésopotamie antique, écrite en Araméen. Les papyrus contenant l’histoire d’Ahikar sont principalement retrouvés à Éléphantine, sur les rives du Nil, en Égypte. Les archéologues datent les documents de la fin du Ve siècle avant J.-C. Les histoires du sage Ahikar, grand vizir d’Assyrie et de Ninive sont dans Les milles et unes nuits ou le texte de l’Urantia Book| Résumé :  Ahikar, adopte son neveu, Nadan, après avoir été informé par une voix divine, qu’il n’aura pas d’enfant biologique. Il décide de lui transmettre sa sagesse, son savoir et son éducation, en vue de le faire devenir son héritier et successeur. | Extrait : « Nadan, fils de ma sœur, profita et grandit comme un noble cèdre. Je lui enseignai l’écriture, la sagesse et la philosophie » [Sagesse d’Ahikar 2;2].

[13] La mère ou matrice du Livre est une expression littérale proposée dans le canon coranique qui reprend l’allégorie omniprésente de la maternité, comprenant la gestation et l’enfantement, comme pour Eve dont la maternité annule la transgression [1Thimothées 2;15], ou pour la vierge Marie qui porte et enfante le saint-Esprit en Jésus, également le Messie, c’est-à-dire Christ [Évangile selon Jean 4;25-26] | Mère du Livre (Um Al-Kitab) dans le Coran : [L’Ornement 43;2-4] [Le Tonnerre 13;39] [La Famille d’Imran 3;7].  

[14] Le Paraclet  [Paraklétos – Παράκλητος] est un autre Esprit-saint envoyé par Dieu, que Jésus annonce dans plusieurs passages bibliques [Évangile selon Jean 14;16|14;26|15;26|16;7] – [Première Épître de Jean 2;1]. Le terme grec est généralement traduit par consolateur ou défenseur, en raison de la traduction grecque du terme hébreu (nacham) dans le quatrième chapitre du livre d’Ésaïe compris dans la Septante [Ésaïe 40;1] | Le terme arabe (shafa’ah) [Marie 19;87], définit l’intercession comme la médiation d’un Messager entre Dieu et les hommes [Le Repentir 9;128], Jésus-Christ [1Thimothées 2;5], dont le pouvoir d’intercession dépend de la pleine conscience du témoignage de vérité [L’Ornement 43;86] [La Famille d’Imran 3;81] [2Corinthiens 1;12] [Épître aux Romains 9;1]. 

[15] La Torah est le Livre profane dans lequel se trouve le jugement d’Allah | Extrait du verset : [La Table Servie 5;44] « (…) C’est sur sa (Torah) base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Judéens. Car Nous leur avons confié la garde du Livre d’Allah, et ils en sont les témoins. (...) » | Dans cet extrait, la garde de la Loi a été confiée aux prophètes, rabbins et docteurs qui en sont les témoins manifestes.. | les prophètes sont décrits soumis à Allah, or, la soumission à Allah est le premier acte avant que ne pénètre la foi.. [Les Appartements 49;14-15] | Les rabbins sont les savants à avoir diffusé des enseignements autour de la Torah, durant la période précédent la dernière révélation [Voir note 2] | Les docteurs sont, quant-à eux, les professeurs ayant écrit, traduit et diffusé les reliques antiques du canon biblique dont les références philosophiques hellénistiques ont grandement influencé la rédaction | Ce verset suggère deux temps que nous analyserons dans un traité ultérieur.  

[16] La loi du Talion est une prescription d’ordonnance adressée à l’Esprit de vérité, le Paraclet, pour qu’en toute conscience, il rendre témoignage auprès des gens du Livre (Judéens) et des gens de l’Évangile (Chrétiens), afin d’en extraire une seule communauté de croyants, qui doit accomplir la loi du Christ ! [La Table Servie 5;45|5;51-54] | Loi ancestrale, elle est issue du code de Hammurabi (196 et 200), gravé sur sa stèle qui date de -1750 avant J.-C. | Platon y fait référence dans sont œuvre Lois (X 872) | Quelques passages dans le Livre : [Exode 21;23-25] – [Lévitique 24;17-22] – [Deutéronome 19;21] - [Évangile selon Matthieu 5;38-47] - [La Génisse 2;178-179] – [La Table Servie 5;45] ... 

[17] Les dialogues de Platon (-425/-345) : Ménon ; Gorgias ; République ; Théétète et Sophiste. 

[18] Ouvrage : « La conscience intuitive extraneuronale », de Jean Jacques Charbonnier, Éditions Trédaniel, 2017.

[19] L’âme et l’Esprit sont deux entités distinctes de la conscience, la conscience analytique cérébrale (CAC) et la conscience intuitive extraneuronale (CIE). L’âme d’un individu est associée à la conscience charnelle et au sang (CAC) [Deutéronome 12;23], qui convoite contre l’Esprit (CIE) avec lequel il y a antagonisme [Galates 5;16-21]. Il existe trois catégories d’âmes : l’âme apaisée, prête à transcender dans la doxa de Dieu [L’Aube 89;27-30] ; l’âme qui se blâme au jour du Jugement pour ses propres mauvaises actions [La Résurrection 75;2] et l’âme instigatrice qui accueil de mauvaises pensées mais pour laquelle peuvent intercéder les Messagers [Joseph 12;53] [Actes 8;19-24] [1Corinthiens 3;13-15].  

[20] Plusieurs passages placent la Sagesse bien avant toute création. Avant même que ne soient les abîmes au premier jour de la création. [1Corinthiens 2;1-15] – [Proverbes 5;22-25] – [Ecclésiastique 1;4] 

[21] Logos [λόγος] : Le terme apparaît pour la première fois dans les écrits d’Héraclite (-535 à -475) pour désigner la structure rationnelle de l’univers, une raison universelle existant indépendamment mais à laquelle tout est rattaché. Pour Aristote (-384 à -322) le logos représente les arguments logiques du discours, le principe spirituel, opérant dans le monde de la matière comme la raison génératrice. Platon (-425 à -345) va plus loin dans sa théorie des formes, en distinguant la matière parfaite du logos avec la matière imparfaite du monde matériel. Quelque temps plus tard, Philon d’Alexandrie (-20 à 45) rajoute aux arguments de Platon la nécessité d’établir des Êtres intermédiaires entre le logos divin et les créatures du monde physique. À la rédaction du canon biblique, le logos est associé à Jésus-Christ, au discours de vérité dans la Parole ou le Verbe de Dieu, que le Coran confirme également comme tel [La Famille d’Imran 3;39|3;45].   

[22] L’expression Esprit-saint (roh al-qods) n’apparaît que quatre fois dans le Coran et uniquement pour ‘Isa (Jésus) : [La Génisse 2;87] – [La Génisse 2;253] – [La Table Servie 5;110] – [Les Abeilles 16;102].

Date de publication : 07 janvier 2026
Volet de recherche : Théologie
Contenu : Tom 4 - Bouleversement
DOI : 10.5281/zenodo.18203381
URLhttps://doi.org/10.5281/zenodo.18168661




Ouafae Lamraoui 7 janvier 2026
​Partager cet article


Se connecter pour laisser un commentaire.